Quand Nico rencontre Larry

28 mai 2010 § 1 commentaire

Ce vendredi, mis à part l’anniversaire de Puck Man, on a aussi eu le droit à la venue de Larry Page en France.

Allez zouille, pour l’occasion Carla sort le kodac, et immortalise ce beau moment de complicité devant les arbustes de l’Elysées, qui Dieu merci ont été épargnés des dernières réformes budgétaires.

A notre plus grand malheur, notre Président, loin d’être bête, a bien compris qu’on ne pouvait tout raconter sur le Facebook (pour peu que j’eus posté mon article Facebook : ton réseau est-il ton ami ? une semaine plus tôt, j’aurais presque pu prétendre qu’il fait partie de mes 12 lecteurs hebdomadaires).

Du coup, il se contentera de publier cette photo ci-dessus, accompagnée d’une succincte légende :

« Rencontre intéressante aujourd’hui avec Larry Page, cofondateur de Google, avec qui j’ai évoqué la responsabilité de Google dans le développement de l’économie numérique et que j’ai incité à investir plus en France. »

Sur la numérisation des livres par Google, ça ne se passe pas super bien entre la France et la compagnie de Larry :(. Au niveau du Google Street View, c’est encore pire 😦 :(. Sur le marché du Search, Google détient déjà 90% du marché français. Au final, mis à part peut-être les éoliennes, et encore je ne sais plus trop si au bout du compte en France on les aime bien ou non, j’ai du mal à saisir de quelle responsabilité et quels investissements Nico a bien pu lui parler.

S’en est alors suivi un travail de fourmis, et en glanant l’actualité récente de Google, voici une plus ou moins fidèle reconstitution de ce qui a pu se dire au 55 Faubourg Saint-Honoré.

Paris, le 23 mai :

Nicolas S. : Hi Larry, welcome to France. How are you?

Larry P. : Fine thanks, and you?

Nicolas S. (d’un mouvement d’épaule) : It’s alright. I finally succed in deferencing me on your search engine :).

Larry P. : Great! And what about yours librairies ? Will you give us a full access ?

Nicolas S. : Oh, I asked to my best IT specialist, Christine Albanel, to write me a report ; but we stagnate. I heard that you will launch a Tv. Do you know that in France, we are switching on TNT ?

Là pour le coup je vais rebasculer en français, histoire de faire un bref topo sur Google Tv.

Google Tv, annoncé officiellement la semaine passée, est le nouveau service sur lequel planche actuellement Google (mise en service prévue pour 2011). L’idée:  proposer d’avoir accès à Internet à partir de sa télévision. Le principe : développer une plateforme logicielle, une sorte de navigateur Internet simplifié, et dealer en parallèle avec les constructeurs, en l’occurrence Sony, pour qu’ils intègrent dans leurs téléviseurs les composantes matérielles nécessaires à la connexion (aussi disponible sous forme d’une box externe, proposée par Logitech).

Sur cette plateforme (captures ci-dessous), on aura alors accès à tout Internet, et plus spécifiquement à son contenu vidéo (chaines en streaming, youtube, vod…) via une barre de recherche.

Jusque-là, rien de bien révolutionnaire. Pluguer la sortie vidéo de son Pc sur un téléviseur se faisait déjà. Mais où ça devient intéressant, c’est dans notre usage de la télévision si ce service arrive à s’imposer dans notre quotidien, par sa simplicité.

Jusque-là, en effet, le téléspectateur restait relativement contraint par l’offre. Muni de sa zapette, on a vite fait le tour des programmes. Or ouvrir la télévision à l’abondance de contenu qu’offre Internet, pour peu qu’il soit de qualité, renverserait la donne. Ce ne seront plus les programmes qui viendront à nous, mais à nous d’aller les chercher. Fini notre train-train où on connaissait la grille des programmes par cœur. Ce sera à nous de nous constituer notre propre sélection, notre propre programme Tv, au même titre qu’on prend l’habitude de consulter les mêmes sites sur Internet. Et d’entretenir régulièrement cette liste au gré de nos découvertes. Jusque-là nous avions tous les mêmes programmes. Demain, la télévision sera-t-elle unique à chacun, comme l’est Internet ?

En tout cas, un marché qui s’ouvre aux videocasts. Le fournisseur d’accès Free, en France, propose déjà à ses abonnés de diffuser leurs propres contenus vidéos sur Tv via son réseau. Connaitra-t-on, avec Google, le même engouement qu’ont eu les blogs mais cette fois portés à l’écran ? En route vers une démocratisation de la Tv ?

Dans la même lignée, la télévision, par opposition à Internet, est une occupation où on a juste à se poser et se laisser divertir. Peu d’efforts nous sont demandés. C’est du moins ce qu’on attend de nous en vue de mieux assimiler les coupures publicitaires. Puis fonctionnant principalement en mode synchrone, mis à part lorsqu’on regarde un dvd, notre champ d’action reste finalement relativement limité. Sur Internet, au contraire, il nous faut toujours garder le cerveau actif pour naviguer, ce qui nous permet de sélectionner uniquement ce qui nous intéresse. Quel comportement adopterons-nous face à cet hybride? Nous laisserons-nous bercer par ce flux informationnel ? Ou au contraire deviendrons-nous des consommateurs hyperactifs de contenus vidéos ? Les annonceurs pourront-ils alors toujours se contenter de diffuser des spots publicitaires, ou devront-ils alors se montrer plus créatif et investir dans des vrais programmes de création vidéo, pour attirer notre attention ?

Le deuxième point intéressant, porté dans cette innovation, est la voie ouverte à plus d’interactivité. Depuis quelques temps, fleurissent sur le net des Webdocumentaires, à l’instar du Voyage au bout du charbon.  Un mashup entre reportage vidéo et jeu interactif. Ce type de programmes sera-t-il celui que nous consommerons dans quelques années ? S’instruire en se divertissant, qui n’en a pas rêvé ? Mais encore une fois, ceci suppose que nous adoptions un comportement actif face à notre écran.

Enfin, dernier élément qui me semble non anodin, est le fait que Microsoft aujourd’hui joue l’option inverse. Alors que Google nous invite à intégrer Internet dans nos autres outils de divertissement, Microsoft pousse en ce moment son Media Center, qui au contraire réinvite la télévision sur son ordinateur. Lequel des deux aura raison ? Tendons-nous à relier tous nos équipements à Internet, ou au contraire à tout rapatrier sur un seul périphérique ?  Dans quel sens se fera la convergence des média ? Tous les terminaux reliés à Internet ? Ou un unique point d’accès mais qui sera multifonction ? Derrière cette question, on peut y voir l’affrontement de deux visions de l’Internet du futur. Pour Google, tout se passera dans les nuages. En découle logiquement cette multiplication des terminaux, tous reliés à ces-dits nuages. A l’opposé, on peut penser, toujours à plusieurs terminaux, mais inter-connectés via des serveurs domestiques. Personnellement, j’ai du mal à croire au « tout dans les nuages » ; je pense que la réponse se situera entre les 2 : des serveurs centraux qui relieront plusieurs périphériques entre eux, avec une simple connexion vers l’extérieur.  Plus proche donc d’une information centralisée que in the cloud. Mais tout ceci serait l’objet d’un autre post :). Revenons à nos deux protagonistes :

Nicolas S. : Oh my God. Does it mean that pirates and paedophiles will invade Tv ?

Larry P. : What ?

Nicolas S. : Nothing. And so you also will lauch a font directory ? For my new website, I choose Helvetica. Because I love its serif.

C’est la deuxième actualité dont je voulais te parler.

Typiquement, pour afficher une page internet, ton navigateur fait appel aux polices installées sur ton pc. Pour être sûr que celles-ci s’affichent, les webmestres utilisent alors les polices les plus couramment répandues ; pour faire simple celles installées par défaut avec Windows. Un champ d’action bien donc limité. Tout ceci, c’était avant l’arrivée du CSS 2. Car aujourd’hui, on a la possibilité d’héberger la police en question sur un serveur, puis le navigateur y fait appel pour afficher correctement la page. C’est ce que propose de faire Google, héberger lui-même un certain nombre de polices (disponibles ici), et te les mettre à disposition pour ton site via une API.

Son objectif ? Rendre plus joli l’Internet. Comme ça ça peut paraître banal, mais on peut aussi se souvenir que Google héberge également la bibliothèque Jquery (une bibliothèque javascript permettant de rendre une page web plus interactive) ; et que en ce sens, ses efforts en vue d’améliorer le web, malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, sont assez louables.

Ainsi s’achève donc notre entretien entre Nico et Larry. L’essentiel pour moi était de te parler des dernières innovation de Google, qui, sans vouloir augurer sur leur succès, sont susceptibles d’avoir de beaux bouleversement dans notre quotidien. Hier, Google c’était « juste » une suite de services en ligne. Aujourd’hui, c’est également en système d’exploitation pour téléphone. Puis demain ce sera un Os pour Pc, et après-demain pour Tv. Tout ça avec 20 000 employés (contre 95 000 pour Microsoft). Depuis le temps où on nous parle de la convergence des média, il semble bien que ce sera Google qui nous y mènera.

Le peu à retenir de tout ça :

1/ Je ne vois toujours pas comment Nico a pu placer les mots responsability et investment dans sa conversation.

2/ Ca fait quelques années maintenant qu’on nous parle de domotique, avec des écrans Tv sur nos frigos nous indiquant les recettes possibles fonction des ingrédients qui nous restent. Je ne pense pas que Google aille jusque-là, mais il semble bien que ce qui n’était à la base qu’un simple moteur de recherche soit décidé jour après jour à s’imposer et à nous étonner toujours plus.

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