Broum Broum Tiin Tin Tiiiin ! Ou la Guerre des Maps

31 mai 2010 § 1 commentaire

De Sydney à LA, en passant par Tokyo ou Paris, conduis le célèbre van de l’Agence tous risques. C’est du moins la toute nouvelle expérience que te propose la Fox, en annonce de la sortie de son prochain film prévue le 16 juin : The A-Team. Concrètement, tu te rends sur la page dédiée du film, sur laquelle on t’invite à piloter le van en vue de réaliser diverses missions (du genre rouler vite, effectuer des sauts…). Le tout dans un environnement Google Earth 3D. En prime, si tu accomplis correctement ta mission, ça te débloque des vidéos bonus.

Bon clairement les bonus on s’en fiche :), le plus fun étant de sillonner les villes. Québec n’étant pas disponible (:(), j’ai donc opté pour Paris ; dont voici une visite express.

Devant la Tour Eiffel, avec le Trocadéro en arrière-plan :

Le Louvre :

La Mairie de Paris et Beaubourg :

Boulevard Morland (comme ça ça paraît plat ; mais mes 6 étages à pieds, je les ai sentis passer…) :

Plusieurs points intéressants dans tout ceci (mis à part que ça permet de faire passer le temps, au même titre que notre Pacman de la semaine passée :)).

Tout d’abord, on casse les codes. Youtube, à la base c’est pour regarder des vidéos. Ici, on te propose d’en prendre le contrôle. Il y a fort à craindre que si cette opération avait eu lieu sur un site dédié, avec juste la conduite de la camionnette, l’effet aurait eu beaucoup moins d’impact. Or là, non seulement on se retrouve sur la page où figurent tous les extraits vidéos, pour promouvoir le film, mais en plus on se surprend à interagir au cœur-même de Youtube.

Je ne sais pas si je suis clair. On va donc prendre le problème dans l’autre sens. Internet, c’est avant tout une culture. Sur le plan historique, celle-ci est très intéressante, mais malheureusement on va ici se restreindre à la regarder à l’instant t. Québec, dont je n’ai malheureusement pas pu te faire la visite en van, c’est Grande-Allée, Plaines d’Abraham, P’tit Champlain, Château de Frontenac et Quartier St Roch. Il y a plein d’autres endroits, mais voici les places principales. Internet, c’est pareil. Si tu n’avais que 3 jours pour le visiter, je te conseillerais d’aller faire un tour du côté de Gmail, Facebook, Google, Youtube, Msn, Amazon, puis mon blog… Là encore, tu es loin d’en avoir fait le tour, et cette liste ne saurait représenter à elle-seule l’usage qu’on peut avoir aujourd’hui d’Internet. Tu pourras si tu le souhaites la compléter du Top 1000 établi cette semaine par Google (je cross-sell l’actualité :)) mais attention !! il y a une feinte : sont exclus de ce classement tous les sites de Google (Search en #°2, Youtube en #°3…).

Bref, voici les grandes places d’Internet. Qui dit grande place, dit plus de visiteurs ; mais également et surtout événementialisation de tout se qui s’y passe. En clair, on s’immisce dans le cadre de référence de chacun. Au lieu de partir de zéro, on s’appuie sur l’image de marque de ces sites pour promouvoir notre produit. En s’intégrant directement sur ces pages, ou en en reprenant les codes, on s’assure via ces Top sites que nous parlerons à masse de monde. A méditer lorsqu’on souhaite faire un évènement original sur Internet, mais reprendre ou casser ses codes peut être une bonne source d’inspiration en plus d’amener les visiteurs dans un environnement qui leur est familier.

Finalement, tu es alors ici très proche du CV Google de Thomas Hauchecorne, qui reposait sur un principe assez similaire, ou encore du destroyage de Youtube par Mario pour promouvoir la Wii (page plus en ligne, mais dont voici une vidéo de l’animation)  ou de l’adaptation de Chatroulette par Altran pour sa semaine de l’innovation. Pour le coup, ces trois opérations te paraissent bin géniales, car font appel à tes références. Puis ce qui intéresse sur Internet, c’est Internet. Donc si tu souhaites être repris par moult blogs, joue avec les codes d’Internet :).

Deuxième point, plus anecdotique mais qui me semble tout de même intéressant car allant dans le même sens : nous offrir le choix de la ville à visiter. Il y a quelques temps, Bing, qui s’appelait encore à l’époque Live Search, proposait une même conduite dans ses Maps mais uniquement à Seattle et San Francisco. N’ayant jamais visité ni une ni l’autre de ces deux villes, au final ça ne m’avait que guère marqué (mis à part l’aspect technique de la chose). Si on continue à remonter l’histoire, on peut aussi se rappeler que Google nous avait lui aussi déjà dans le passé proposé de conduire au travers ses Maps. C’était en 2008, à bord d’un petit camion de lait. Là tu t’interroges : « Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à nous vouloir conduire des camions ? »

Moi et mon petit camion de lait en vol plané sur le Champs de Mars :

Je transite alors vers mon troisième point, intitulé la Guerre des Maps. Sur Intenet, il y a plusieurs batailles qui se jouent en parallèle. Autour de l’actuel (ex : Google Buzz vs Facebook, ou vs Windows Live Messenger qui de son côté a opté pour pactiser avec ses concurrents ; guerre des systèmes d’exploitation,  guerre des navigateurs Internet, avec Mozilla qui semble de plus en plus tirer son épingle du jeu, mais Google Chrome qui de son côté a fait une entrée spectaculaire, guerre des moteurs de recherche…), mais également en vue de préparer le futur. Dernièrement on a parlé sur ce blog de Google TV, vs Microsoft mais aussi Apple qui aimerait s’y faire une place. Mais ça bataille tout autant autour des systèmes d’exploitation mobiles (Apple vs Google vs Microsoft), j’y reviens dans quelques lignes.

Dans notre cas présent, c’est autour de la géolocalisation, et plus précisément des Maps et Street View, que ça se passe. Très grande bataille, si on en juge les moyens qui y sont déployés : les Google Car, qui mitraillent les rues de la planète entière de clichés (aujourd’hui au repos, pour cause de différents juridiques autour des données colligées) ; ainsi que tous les investissements faits en R&D, dont la vidéo ci-dessous devrait te convaincre des efforts dévolus.

Comme tu n’as pas l’air très motivé pour visionner cette vidéo…, voici quelques articles du printemps dernier trouvés sur Pcinpact, toujours autour de notre même sujet : Toujours plus d’immersion dans Google Street View (1er mars), Arrivée de Google Places et de photos de l’intérieur des magasins (22 avril),  Les vues 3D de Google Earth disponibles dans Google Maps (27 avril), 194 000 km² d’images haute résolution ajoutés à Bing Maps (10 mai)

Quel est l’intérêt derrière tout ceci ? Tout d’abord, l’Internet mobile ne cesse de se démocratiser. En France, 20% des possesseurs de téléphones portables navigueraient régulièrement sur la toile à partie de leur cellulaire (sondage Ipsos réalisé pour l’AFMM). Au Québec, on semble se trainer un peu. Pour cause de moindre couverture du Wifi (il y a plusieurs moyens de se connecter à l’Internet à partir de son mobile – 1G, 2G, 3G, 4G ? – mais le Wifi reste le moins couteux et le plus rapide. Dans cette même optique, le fournisseur d’accès Free proposerait également à ses abonnés la possibilité de se connecter sur le wifi des autres membres de son réseau – j’utilise le conditionnel, car par expérience entre ce que propose Free et ce qui fonctionne réellement…), et de « sites mal conçus pour les appareils mobiles ».  Bref, on essaiera de se faire un point sur l’Internet mobile une autre fois :), mais juste retenir ici que ça se démocratise à très grande vitesse.

Lorsqu’on s’ennuie, on aime bien s’interroger sur la prochaine révolution du web, celle qui nous fera passer au Web 3.0. L’ubiquité est une des alternatives envisagées…

Tout ça pour dire que d’ici peu, on se connectera davantage en situation de mobilité (je te passe l’histoire des tablettes – autre bataille sur le hard cette fois – ça ne nous intéresse pas des masses ici). Qui dit nouvel usage, dit nouvelles opportunités :). Sur Internet, on s’est longtemps focalisé sur le Quoi (ce que tu y fais). Puis depuis un an, sur le Quand (le Real Time Web) avec Twitter et cie, aujourd’hui intégré aux moteurs de recherche (Bing et Google). Pour l’heure, on rajoute une troisième dimension : le Où.

L’idée, contextualiser toujours plus la publicité qui t’es affichée. Fonction d’où tu te connectes, on t’indiquera ce qui se trouve autour de toi (moyennant finance de la part de l’annonceur, bien évidemment :). Google a déjà commencé (2008), puis il a avancé (2009) ;). En bref, tu renseignes à Google où tu es, ou du moins où tu souhaites aller ; il te signale en retour ce qui se trouve à côté de toi. Si tu as bien suivi cet article, les enjeux financiers sont colossaux.

Quand-est ce que ça commence tout ceci ? Aujourd’hui. Le Google Maps est déjà intégré aux résultats de Google depuis quelques temps, et Google propose également, si tu le souhaites, de te géolocaliser : toi, d’où tu envoies tes emails, tes amis… au travers son service Google latitude.

Avant d’attaquer la dernière ligne droite de cet article, une petite vidéo pour te présenter le service, trouvée via webrankinfo.

Voilà la petite histoire des Maps et des Street View. Il semble que ça aille un peu plus loin qu’un simple annuaire en ligne :). Te représenter sur écran où tu es, pour y inscrire de la publicité virtuelle. Un point intéressant dans tout ceci, c’est qu’on assistait jusqu’à lors à un fossé se creusant entre monde virtuel et monde réel. Ici, on re-converge tous dans le même sens :).

Qui va réussir à s’imposer dans cette bataille ? Présentement, deux acteurs majeurs. Google (70% des parts de marché sur la recherche sur le web) et Microsoft (90% des systèmes d’exploitation). Bref, ce ne sont pas des petits joueurs. A mes yeux, j’y vois trois paramètres dans cette bataille :

  • Technologique, mais qui ne semble pas poser de grands problèmes (tous deux ont de bons ingénieurs, et ont su cultiver une bonne culture de l’innovation)
  • Autour de l’information : afficher des photos, c’est bien, mais encore faut-il les avoir. Nos deux protagonistes semblent user des mêmes sources, (Flickr, IGN…) si ce n’est que Google sillonne également le monde à bord de ses Google Cars…
  • Commercial : là où on rejoint la bataille des systèmes d’exploitation mobiles, et où tout risque de se jouer. Imposer son Os est bin stratégique ; car c’est contrôler ce qu’on y installera par défaut (d’où les soucis l’an passé de Microsoft avec la Commission européenne autour de Internet Explorer, et de Movie Maker également) et les applications qu’on y laissera installer par la suite (voir du côté d’Apple pour s’en convaincre)… Pour le coup, c’est clairement Google qui semble prendre une longueur d’avance avec son Androïd. Mais Microsoft ne s’avoue pas vaincu pour autant :). Guerre des systèmes d’exploitation, pour s’assurer un avantage sur la guerre des navigateurs mobiles, qui nous préoccupe davantage. Une alternative, passer des partenariats avec les autres constructeurs mobiles, comme tente de le faire Yahoo.

Quatrième point, que je vais faire très bref. Pour rappel, même si j’élargis quelque peu le sujet, on s’intéresse toujours dans cet article au van de l’Agence Tous Risques dans le Google Map :). Ca peut paraitre anodin, mais les enjeux sont là aussi non-négligeables. Pour le faire fonctionner (le van), il te faudra au préalable installer le plug-in Google Maps 3D. Comme ça ça ne parait pas grand-chose, mais Internet fonctionne sur fond de standard. Certains tendent à être ouverts et universels, comme ceux définis par le W3C en ce qui a trait aux langages web (ça n’a pas été sans mal mais il semble qu’on y arrive), ou encore le pdf ; mais d’autres sont par opposition propriétaires. Par exemple, le MP3 (Philips, TDF, France Telecom, IRT, Fraunhofer et Thomson), Flash (Adobe), Silverlight (Microsoft)… Ce qui donne à ces technologies propriétaires le statut de « standard », c’est qu’on les utilise tous. Ce qui suppose donc que la plupart de nous aient d’installés les plugins nécessaires à leur lecture… Là encore, de rudes batailles pour s’imposer:).

En bref, car mine de rien on s’est dit pas mal de choses :

1/ Ce n’est pas innocent si la Fox a fait le choix d’intégrer son van au cœur-même de Youtube. Il existe des alternatives à la mise en ligne de sites dédiés ; parfois même meilleures lorsqu’on s’adresse à des Internautes.

2/ On n’a pas fini d’en conduire des camions dans toutes ces Maps.

3/ Ces derniers temps on a pu parler de géolocalisation autour de Foursquare ou des burgers de McDo sur Facebook. Loin d’être de simples effets de mode, c’est tout bonnement notre futur qui se dessine :).

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